Son-et-lumiere

When I was a boy with never a crack in my heart.

Dimanche 22 mai 2011 à 11:00

Je crois que le language ne parle pas, que les mots ne veulent rien dire, que les lettres ne sont que des symboles, que les phonèmes ne sont que des sons. Un discours, un texte, c'est du vent, de la lumière, et rien d'autre.
Et donc je crois qu'il n'y a que le lecteur et le texte, et que le homme a considérer, c'est le lecteur.
Je m'étonne.
Je me surprend
Mais la surprise, je ne la prend pas. Je la laisse s'envoler, comme ça elle reviendra, lorsque le bruissement de la page 38 l'appellera a nouveau.
Je ne dissèque que les animaux, ou les plantes. Les textes surement pas. Les commentaires, je n'aime pas ça.
Je suis un scientifique, le Pourquoi ne m'intéresse pas. C'est le Comment que je peux aborder. Le Pourquoi, je laisse les autres s'entretuer. Le Comment est plus objectif, car matériel, observable. "Je ne crois que ce que je vois". Mais le Comment de l'art ne m'intéresse pas. Moi je crois au talent, au vers libre et spontané, à l'improvisation sans forme et sans matière, et que chacun peu être artiste, car le talent est un Pourquoi, donc tout à fait subjectif.
Je lis en général mes poèmes au hasard. Le hasard du recueil, le hasard de la page, le hasard de l'instant, le hasard du lieu, j'ouvre et j'aime, ou je n'aime pas. Alors je referme ou je ne referme pas. Mais je le relirai, de tout façon, c'est statistique, sur un grand nombre de fois.
Je me laisse faire parler, le texte est un miroir on ne peut plus déformant de celui que je suis que je crois être que j'aimerai être que les autres me font dans le mélange infâme d'où sors l'insaisissable moi. Je me laisse refléter et me regarde par le texte. On s'identifie toujours. Mais l'on est jamais identique : un texte toujours est fini, tandis qu'un seul grain de riz est infini. Le temps joue contre le photographe, peut on identifier un deux cent cinquantième de seconde au temps d'une vie ? De plus, à la vie s'ajoute le désir qui parfois précède, et le souvenir, qui parfois toujours dure. Je me souvient de Socrate comme si c'était hier.
Je me laisse faire parler, mon imagination contemple d'étranges créatures, des voiles dansants les paysages, des idées ineffables que le texte n'a pas dites. Mais surtout, ô grand surtout, jamais se demander !
Le plaisir dans le noir est indicible, mais allumez moi la lumière, que je me rende compte de l'infinie beauté ! Montrez moi le visage, montrez moi donc le corps ! Mais que la lumière soit, que je contemple le plus beau des beau,que toutes les conditions soient réunies, et que tout soit parfait, si je sais, je suis frigide. Moins de secret. Plus de texte. Plus de formes, des lettres. Plus de texte. Miroir vieilli et vitre sale. Moins de moi ou peu-être plus de moi. Moins d'imagination quoi qu'il en soit. L'art a le droit de dire la vérité. Mais qu'il est bon de s'évader. Garder son insouciance. Ne jamais apprendre un poème par coeur. Pouvoir toujours redécouvrir comme si c'était la première fois. Ne s'attendre a rien. Ne pas analyser. Pouvoir redécouvrir comme si c'était la première fois. En art.

Commentaires

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Par Musi le Dimanche 22 mai 2011 à 11:02
Surtout, ne pas se relire.
Par monochrome.dream le Dimanche 22 mai 2011 à 11:56
Un texte, c'est un peu comme une partition musicale : écrit, il est mort, silencieux, il lui faut un interprète pour devenir musique. Je ne crois pas qu'il y ait des gens qui sachent le texte dans ce qu'il contient de création, d'art, de sensibilité. A mon avis c'est tout l'inverse. Le texte se dérobe à l'étude, le sens passe, et ne restent que les objets des grammairiens et sémiologues ; de la chose visible, manipulable, une matière. C'est comme d'étudier la sculpture en recensant les composants de la pierre ! Le contenu du texte est ailleurs, et tu l'as bien dit, ce n'est pas dans les mots qu'il s'agit de le chercher. Le sens, on le porte en soi, on le crée soi-même, le texte n'est jamais qu'un support.
Je crois que comprendre l'art n'a rien de cognitif : c'est simplement le ressentir ; et savoir raconter l'art n'est très certainement pas affaire de mots techniques (laissons ceux-ci aux quincailliers!).
Il y a une façon de se retrouver à la source de l'art, qui consiste à en parler dans un long poème prosaïque. J'ai lu des mots superbes au sujet de l'écriture, chez des commentateurs de textes ; c'étaient des textes à part entière, des bouts de merveilles forgés sur les textes classiques (ou moins classiques). Et c'est cela que j'aime, dans l'art. Qu'il se relance sans cesse, qu'on s'envoie des moments de soi comme des questions, auxquelles répondent d'autres moments de soi pourtant jaillis des autres. J'aime bien les textes qui se parlent, et lire comment d'autres ont vécu les textes que j'ai lus, parce que dans leur vécu, il y a toujours aussi un peu du mien, mais un mien que, parfois, j'ignorais être mien.

(Tu as raison. Ne surtout pas se relire ! Et cela vaut aussi bien pour les commentaires!)
Par Anicroche le Dimanche 22 mai 2011 à 12:23
Je n'arrête pas de cogiter depuis ce matin, ce n'est pas le moment que je me penche sur ton article (sinon mon cerveau va éclater et t'auras ma mort sur la conscience, épargne-toi ça.)
Le peu que je peux en dire pour l'instant, est que je suis d'accord avec toi sur la majeure partie de ton argumentation (et c'est d'ailleurs pour ça que je ne continuerai pas jusqu'au bout mes études de lettres, j'en ai marre de décortiquer ce qui ne devrait pas l'être), mais pour ce qui est de l'apprentissage par coeur des poèmes, je suis pas d'accord ^^
Je n'ai pas toujours Les Fleurs du mal sous la main, mais comme j'essaie d'apprendre le plus de ces poèmes par coeur, j'en ai maintenant pas mal dans la tête. Quand je marche dans la rue, pour m'endormir, dans le train quand je n'ai rien pour m'occuper, j'ai toujours Baudelaire dans la tête et j'ai beau me les réciter sans discontinuer, je redécouvre chaque fois leur beauté. Ce n'est pas l'apprentissage par coeur qui tue le poème et sa portée. Mais le décortiquage, l'analyse trop poussée, elle, elle le massacre.
Par maud96 le Dimanche 22 mai 2011 à 12:42
Passionnant ton texte... et j'ai dû faire pause à chaque ligne, presque, pour réfléchir. Je ne crois pas avoir tout compris, mais au moins tu m'as rassurée sur le fait que le "premier jet" de l'écriture n'est pas forcément le plus mauvais (on m'avait tellement mis dans la tête qu'une rédac sans "brouillon" préalable était forcément nulle !)
Par imparfaiite le Dimanche 22 mai 2011 à 12:49
Oui et non, les deux perspectives se complètent. Un texte s'enrichit à être commenté, on ouvre des perspectives. Jamais on ne l'épuise, jamais on n'a "sa" vérité". Le texte demeure, dans sa beauté et sa spontanéité, même si on vient de le décortiquer. Du moins pour les textes qui en valent la peine. Les textes qui rejaillissent dans leur fraicheur, sous l'analyse, ce sont les chefs d'oeuvres. J'aime cette invitation à penser, interpréter, que sont les textes, j'aime les déshabiller à l'infini, pour voir que je n'ai encore rien fait.
Par http://www.vip31-badminton.fr le Samedi 2 juillet 2016 à 3:17
Enfin c'est Aurore qui l'a dit, mais je pense qu'on peut lui faire confiance.
Par Timberland Pas Cher le Mercredi 24 août 2016 à 9:00
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